Back to Stories
13 chapters N/A
Entre Deux Mondes
Halal Romance

Entre Deux Mondes

by Sakinah Sabr

Follow 2 followers

Original language: Français

Save story
Sign in to unlock chapter 2 and the remaining chapters of this story. Log in

Chapter 1

Il restait exactement cinq jours avant le retour de Fouad Ă  MontrĂ©al. L'idĂ©e de repartir commençait Ă  l'habiter plus intensĂ©ment : les valises pas encore prĂȘtes, les papiers presque en ordre, et ce pincement au cƓur qui se faisait sentir chaque fois qu'il regardait ses parents ou ses sƓurs.

 

Il avait passé presque toute sa vie en France, ici, en banlieue parisienne. Entre les gens qui poussent pour monter dans le métro alors que le suivant arrive dans deux minutes , les personnes aigries, et la baguette achetée tous les quatre matins malgré la lassitude. Il y avait dans tout ça une sorte de chaos familier, typiquement français. Et malgré tout, il aimait bien cette vie.

 

Mais il ressentait le besoin de changement, de nouveauté. C'est pour cela qu'aprÚs son Bachelor universitaire, il a choisi de poursuivre un master non pas en France, mais à Montréal, dans une école nommée "Institut Nova Business & Management".

 

L'intĂ©grer n'a pas Ă©tĂ© facile : entre les entretiens, les dĂ©marches administratives, et son dossier scolaire assez moyen, il a tout misĂ© sur sa motivation et sur les duaa. 

 

Car mĂȘme si ses chances Ă©taient faibles, il savait qu'Allah n'abandonne jamais un cƓur sincĂšre, surtout quand l'intention est de rendre fiers ses parents et d'aider les autres autour de lui.

 

C'est ce qui lui a donné la force de viser ce qu'il croyait trop grand pour lui... mais qui, avec l'aide d'Allah, s'est révélé à sa portée.

 

AprÚs avoir passé un an là-bas, il est heureux de revenir souffler un peu. Il ne lui reste plus qu'une derniÚre année à faire avant de terminer son cursus, et il s'est promis de profiter pleinement de ces quelques jours en France avant de repartir pour achever son parcours.

 

Et aujourd'hui, c'était journée off : pas de sorties, pas de courses, pas d'administratif. Juste la maison, la famille, et l'improvisation.

 

Vers la soirĂ©e, alors qu'il Ă©tait posĂ© sur le canapĂ© en train de regarder TF1 , Nour, sa sƓur de 8 ans, dĂ©barqua dans le salon comme une tornade.

 

- Fouaaaad ! cria Nour. On a dit que c'est toi qui cuisine aujourd'hui ! Mama et Baba arrivent dans 2h, ils s'attendent Ă  un vrai repas Ă  la Master Chef faut faire le plat principal et le dessert ! On a plus le temps lĂ  ! 

 

- Attends... Quoi ? Depuis quand c'est moi ?!"

 

Il eut Ă  peine le temps de protester que Nour l'agrippa par les bras, et le voilĂ  prisonnier du plan diabolique. Il finit en tablier, coincĂ© avec Nour qui cassait dĂ©jĂ  les Ɠufs en mettant la moitiĂ© des coquilles dedans.

 

- La soirĂ©e risque d'ĂȘtre longue...  soupira Fouad

 

Pendant ce temps Fathia était debout devant le miroir de la salle de bain, en pyjama. Elle tenait dans une main un peigne à dents larges et dans l'autre le nouveau sérum d'Aromazone. Ses boucles épaisses, denses, tiraient un peu sur ses bras, comme si elles luttaient avec elle. Elle souffla longuement.

 

-Ya Allah... chaque boucle a son propre caractÚre... murmura-t-elle, un sourire fatigué sur les lÚvres.

 

Cela faisait presque une heure qu'elle y Ă©tait, section par section, dĂ©mĂȘlant doucement, rĂ©hydratant, sculptant ses boucles comme une Ɠuvre vivante. C'Ă©tait dur, oui, mais elle ne cĂ©derait pas. Pas aujourd'hui. Pas demain non plus malgrĂ© tout.

 

Elle observa son reflet avec attention. Sa peau couleur miel profond, ses traits hérités du Ghana, et cette couronne de cheveux qu'aucun lissage indien ou brésilien ne viendrait dompter. Pas parce qu'elle n'en avait pas les moyens mais parce que ses cheveux, c'était elle. Tout comme son voile était devenu elle. Une femme musulmane, noire, fiÚre, debout face aux préjugés et aux regards pesants.

 

Oui, parfois c'Ă©tait compliquĂ©. Les commentaires quand elle Ă©tait petite : " Tes cheveux sont spĂ©ciaux", les questions maladroites aussi : " Pourquoi tu ne penses pas Ă  te lisser, c'est plus propre quand mĂȘme c'est raiment impossible a coiffer". 

 

Mais elle avait appris Ă  rĂ©pondre par le silence et par la beautĂ© naturelle de ses boucles parfaitement dĂ©finies qui Ă©taient dĂ©sormais sa fiertĂ©. Du collĂšge au lycĂ©e avec ses diffĂ©rents coiffure et son assurance de caractĂšre, les gens ne pouvaient qu'admirer cette beautĂ© africaine qu'elle incarnait dans sa banlieue parisienne. Elle a fait semblant jusqu'Ă  ce que ça devienne vrai. et quand elle se sentait moins belle que les autres elle se remĂ©morait ce vieux proverbe qui dit " La lune et le soleil ne se ressemble pas mais elles sont toutes le deux belles". 

 

Ce proverbe elle s'en remémore encore plus maintenant étant donné qu'elle s'est voilé la premiÚre année post bac, ce voile renforce la différence et cache une certaine beauté pour en divulgué une autre certes mais elle n'était pas la seule en France à faire face aux difficulté et à la douceur de mettre ce voile et puis n'est ce pas une bonne chose que les gens puissent enfin distinguer de quelle communauté elle appartient ?

 

"Ô ProphĂšte ! Dis Ă  tes Ă©pouses, Ă  tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles. Cela est plus propre, afin qu'elles soient reconnues et ne soient pas offensĂ©es. Et Allah est Pardonneur et MisĂ©ricordieux."

(Coran 33:59)

 

Satisfaite, elle s'apprĂȘtait Ă  passer un peu d'huile lĂ©gĂšre sur ses pointes quand un grand BAM suivi de rires Ă©touffĂ©s retentit depuis la cuisine.

 

Elle se figea.

 

- Fouad ? lança-t-elle, sur ses gardes.

 

Un autre bruit. Cette fois-ci quelque chose qui ressemblait Ă  un couvercle qui rebondit contre le sol.

 

Elle accourut pieds nus, descendant les escaliers en se faisant un chignon Ă  la va vite.

 

Et lĂ , elle les vit.

 

Fouad, en tablier, tenant une louche trempĂ©e dans ce qui semblait ĂȘtre une sauce rouge douteuse, et Nour, leur petite sƓur, couverte de farine, un fouet Ă  la main. Le sol ? Une mosaĂŻque de lĂ©gumes, d'Ă©pluchures et de riz.

 

- Vous ĂȘtes sĂ©rieux lĂ  ??!

 

Fouad leva les mains, faussement solennel et Nour éclata de rire, les joues pleines de pùte à beignet.

 

Fathia leva les yeux au ciel puis éclata de rire à son tour.

 

-  Mama et Baba vont vous dĂ©truire, on doit arranger tout ça et vite !

 

Tout en riant, elle attrapa une serviette pour essuyer le plan de travail. 

 

MĂȘme dans ce chaos hilarant , elle ne perdit pas le nord, elle regarda l'horloge accrochĂ© au mur de la cuisine, il ne restait plus qu'une heure avant que ses parents ainsi que Sabrya l'autre petite soeur de Fouad et Fathia arrive.

 

- Nour, arrĂȘte de chanter du Oshi no Ko avec la louche, on est pas dans un clip musical lĂ  ! s'exclama Fathia.

 

- C'est pas une louche, c'est un micro de star ! Je suis Nour la diva ! 

 

- Fouad, ton oignon est pas censĂ© ĂȘtre noir hein.

 

- C'est pas noir, c'est caramélisé .

 

Ils cuisinaient du Jollof rice Ă  leur maniĂšre : sans rĂšgles, sans chrono, mais avec beaucoup de rires. Nour faisait des blagues sur la façon dont Fouad pleurait en coupant Ă  nouveau les oignons, tandis que Fathia essayait de sauver ce qui pouvait l'ĂȘtre dans la poĂȘle.

 

Vers 20h, toute la petite famille se rĂ©unit dans la salle Ă  manger. Le plat Ă©tait presque bon, selon leur mĂšre  "pour un premier essai" et leur pĂšre plaisanta : "Au moins, personne n'a Ă©tĂ© empoisonnĂ©, c'est un succĂšs." 

 

Fouad se sentait lĂ©ger. Heureux. Il profitait de chaque seconde, surtout de ce genre de repas oĂč tout le monde parlait en mĂȘme temps, oĂč les anecdotes surgissaient sans prĂ©venir.

 

Mais soudain, son pĂšre se leva et tapota son verre avec une cuillĂšre.

 

- Fouad, avant que tu partes, ta mĂšre et moi, on a quelque chose Ă  te dire.

 

Fathia tourna lĂ©gĂšrement la tĂȘte, un sourire en coin. Nour s'agitait sur sa chaise, les yeux brillants d'excitation et Sabrya elle gloussait dĂ©jĂ  pensant Ă  la tĂȘte que ferait Fouad en entendant la nouvelle.

 

- C'est une surprise ! ajouta leur mĂšre.

 

Fouad arqua un sourcil.

 

Attendez... vous avez pas l'intention de m'envoyer avec Nour en bagage soute, hein ?

 

- Non mais presque. ajouta Sabrya 

 

Et lĂ , Nour n'en pouvait plus.

 

Elle leva la main comme à l'école et hurla :

 

- C'est Fathia ! Elle part avec toi à Montréal pour faire ses études ! Tadaaaaa !

 

Un silence s'abattit. Lourd et à la fois léger. L'esprit de Fouad à été pris au dépourvu.

 

- Quoi ?!

 

Il tourna la tĂȘte vers Fathia, mi-gĂȘnĂ©e mi-morte de rire, puis vers ses parents qui secouaient la tĂȘte en soupirant.

 

- On voulait te le dire doucement... dit le pĂšre en soupirant. Mais Nour ne sait pas garder un secret plus de trois heures.

 

Fouad sentit une bouffĂ©e d'Ă©motions remonter. D'abord l'Ă©tonnement. Puis la confusion. Puis un petit vent d'inquiĂ©tude. Il repensa Ă  ces derniers jours. Oui, il y avait eu des signes. Des conversations Ă  voix basse entre ses parents et Fathia. Des papiers sur la table du salon qu'on lui disait de ne pas toucher. MĂȘme le fait que Fathia posait plus de questions que d'habitude sur la vie Ă  MontrĂ©al, les logements, les inscriptions.

 

Il secoua la tĂȘte.

 

- Attendez, vous ĂȘtes sĂ©rieux ? Elle va vraiment venir avec moi ? 

 

- Oui, dit sa mĂšre avec douceur. Elle a Ă©tĂ© acceptĂ©e en master en Digital Business / E-commerce et dans la mĂȘme Ă©cole que toi ! Puis comme tu es dĂ©jĂ  lĂ -bas, on s'est dit pourquoi pas ? Elle n'aura mĂȘme pas Ă  chercher son propre appartement, elle vivra avec toi ! Vous vous aiderez mutuellement .

 

Fouad se mordit la lĂšvre. Il ne savait pas par oĂč commencer.

 

- Je vous suit pas là, tu faisais du droit ! C'est quoi ce virage à 180° ?!

 

Fathia posa sa fourchette, droite et assurée et lui fit face avec un sourire fiÚre d'elle

 

- J'ai toujours rĂȘvĂ© d'avoir ma propre marque de couture, dans un style Modest fashion, Ă  mon image : Ă©lĂ©gant, pudique, affirmĂ©. Bon c'est pas trĂšs original pour une voilĂ© mais tu connais Ă  quel point j'ai toujours Ă©tĂ© attirĂ© par la mode mais je pensais qu'il n'y avait pas d'avenir lĂ  dedans donc je me suis forcĂ© Ă  m'orienter vers le droit. Mais plus le temps  avancait et plus j'ai peinĂ© Ă  continuer, j'ai validĂ© avec justesse parce que je n'aime pas ce que je fais. J'ai fait une introspection sur moi mĂȘme, sur la direction que je voulais donner Ă  ma vie et j'ai dĂ©cidĂ© que j'allais faire ce qui me plait mais faut que j'ai des bases sur le domaines du marketing digitale. Je veux monter un projet avec mes propres rĂšgles, des rĂšgles compatibles avec l'islam, pas besoin de compromis.

 

- Mais pourquoi le Canada ? Il y a plein de master de ce type en France ! 

 

- J'ai trouvĂ© un bon master en France qui pourrait me donner des compĂ©tences sur le marchĂ© mais aprĂšs rĂ©flexion, continuer mes Ă©tudes en France ne m'enchante pas, j'ai besoin de dĂ©fi et surtout d'un environnement totalement diffĂ©rent. Je ne peux pas voyager seule, j'ai besoin d'un mahram et ça tombe tu en es un plus ton Ă©cole" Institut Nova Business & Management" propose diffĂ©rent cursus dont celui que je veux faire ! J'ai postulĂ© , j'ai passĂ© les tests, j'ai Ă©tĂ© acceptĂ©e, j'en ai parlĂ© Ă  Mama et Baba, ils ont dit oui. J'ai mĂȘme un demi financement. Et  je t'avoue que savoir que t'es lĂ -bas, ça me rassure un peu.

 

- Elle s'est vraiment dĂ©brouillĂ© comme une grande ! Dit le pĂšre en hochant la tĂȘte impressionnĂ©

 

Il respira un bon coup. Il y avait un mélange d'angoisse, de responsabilité, et une petite joie qui se glissait. Il n'avait jamais imaginé partager cette aventure avec quelqu'un de sa famille. Il avait appris à vivre seul, à se débrouiller dans un autre pays, à construire un quotidien loin de ses repÚres.

 

Mais maintenant il ne serait plus seul. Fathia, c'Ă©tait plus qu'une sƓur, c'Ă©tait son alliĂ©e dans tous les dĂ©bats de salon, la seule Ă  le battre Ă  l'Ă©chec et Ă  se rappeler les moindres dĂ©tails de leur enfance.

 

Il esquissa un sourire.

 

- Je pensais pas que t'allais vraiment venir vivre avec moi, dans MON appart... ?

 

- Vu comment tu cuisines je pense que t'as vraiment besoin d'une prĂ©sence fĂ©minine Ă  tes cĂŽtĂ©s  Elle esquissa elle aussi un sourire complice 

 

Fouad soupira 

 

- Tu crois que MontrĂ©al c'est The American Dream ? L'hiver, tu vas pleurer ta race. Les trottoirs sont gelĂ©s, les cours sont Ă  7h30 du matin, tout coĂ»te cher, et les gens, mĂȘme s'ils sont sympas, ils vivent leur vie, vite. Et la solitude c'est rĂ©el.

 

Leur mÚre intervint, amusée par la scÚne.

 

- Tu n'as jamais Ă©tĂ© seul ! Allah a veillĂ© sur toi parfaitement et maintenant ta soeur te rejoint ! Puis honnĂȘtement, je sens une once de drama queen dans tes propos...

 

Fouad esquissa Ă  nouveau un sourire, en effet sa mĂšre l'avait bien cernĂ© , il avait oubliĂ© de prĂ©ciser que MontrĂ©al cette grande ville Ă©tait une ville dynamique et multiculturelle, oĂč l'on entend parler Ă  la fois le français et l'anglais sur la mĂȘme rue. Elle est connue pour ses universitĂ©s prestigieuses, ses festivals, sa gastronomie variĂ©e et son ambiance artistique. MontrĂ©al offre un mĂ©lange unique de modernitĂ© et de traditions, avec des quartiers trĂšs diffĂ©rents les uns des autres. L'hiver y est long et froid, avec beaucoup de neige, tandis que l'Ă©tĂ© est chaleureux et animĂ©. C'est une ville accueillante, surtout pour les Ă©tudiants et les nouveaux arrivants. Fathia qui aimait ce genre d'ambiance y trouverait ce dont elle cherchait depuis longtemps mais qu'elle n'arrivait pas Ă  trouver dans sa banlieue parisienne : l'apaisement

 

- Bon, ben je crois que t'as intĂ©rĂȘt Ă  apprendre Ă  faire ta lessive toute seule. Je suis pas ton concierge.

 

Toute la famille rit Ă  chaude larme, Fathia Ă©tait contente de la rĂ©action de son frĂšre qui au final avait dĂ©cidĂ© de se rĂ©soudre Ă  sa prĂ©sence Ă  ses cĂŽtĂ©. Lui c'est l'ambitieux qui fonce la tĂȘte dans les idĂ©es. Et elle est celle qui planifie dans le silence. Mais les deux veulent la mĂȘme chose : vivre mieux. Autrement. Et pas sans foi, pas sans Allah.

 

Nour, elle, s'exclamait encore et leva son verre d'eau :

 

- Bon... On lÚve notre verre à la future cheffe d'entreprise halal qui va squatter l'appart du garçon sans compétence en cuisine ! "

 

-  Hahaha trĂšs drĂŽle Nour, on t'as jamais appris a respecter tes ainĂ©es ? dit il en gromelant

 

Le dĂźner reprit dans une ambiance dĂ©tendue. Fathia posait mille questions sur l'appartement de Fouad, sur les papiers qui restaient Ă  faire, sur la rentrĂ©e. Fouad sentait encore un petit nƓud d'apprĂ©hension, mais la chaleur de leur complicitĂ© reprenait le dessus.

 

Et au fond, il le savait : mĂȘme si ça bouleversait un peu ses repĂšres, c'Ă©tait aussi une chance rare. Avoir un bout de sa famille Ă  ses cĂŽtĂ©s, dans un pays si loin, ce n'Ă©tait peut ĂȘtre pas si mal.

 

Il regarda ses parents, Nour qui chantait avec la fourchette, Sabrya qui observait la scÚne de ménage avec un sourire en coin et Fathia qui tapotait déjà sur son téléphone pour lui montrer les achats pour le voyage.

 

Oui, ces cinq derniers jours allaient ĂȘtre prĂ©cieux

 

Puis ce qui venait ensuite promettait d'ĂȘtre une nouvelle aventure.

 

 

1 / 13

Reader comments

3 comments

Leave a comment

Sign in to share your thoughts and rate this story.

F

Fyllo

2 weeks ago

I love the family dynamics! Made me miss mine ă€’â–œă€’

S

Sakinah Sabr

2 weeks ago

May Allah protect all your family đŸ©· Memories are so precious 💞

F

Fyllo

2 weeks ago

Ameen Ya Rab al Alamin! Yep May Allah protect an bless our family! ∩▜∩